Vers 16h le vendredi 24 août 2007, alors qu'il profitait de vacances avec sa petite famille sur une plage de Wells Beach, dans le Maine, le policier Giovanni Di Legge, du poste de quartier 13 de LaSalle n'a pas hésité à défier les eaux tumultueuses de l'océan, au péril de sa propre vie, pour sauver in extremis une jeune fille de 12 ans et une femme de 31 ans prises au piège par un puissant contre-courant. Ce geste héroïque lui a valu d'être honoré lors du 10e Gala des Prix policiers du Québec tenu le 20 novembre à l'Hôtel Marriott du Château Champlain. Il a reçu un magnifique trophée de cristal.
Au cours de cette cérémonie, l'Association des membres de la Police Montée du Québec, l'Association des policiers provinciaux, la Fédération des policiers municipaux et la Fraternité des policiers de Montréal ont honoré 35 policiers et policières.
Sauvetage in extremisPolicier depuis une quinzaine d'années et agent sociocommunautaire au poste 13 depuis trois ans, Giovanni Di Legge, 41 ans, n'oubliera pas de sitôt cet acte héroïque aussi inattendu qu'impulsif. En ce vendredi resplendissant du 24 août 2007, Giovanni et sa famille se prélassent au soleil de Wells Beach, non loin d'Ogunquit. «Nous avons entendu un cri de mort ! J'ai crié aux sauveteurs qui n'avaient rien entendu. Une femme était en train de se noyer. J'ai plongé quand j'ai entendu les cris de deux autres femmes, dont une jeune de 12 ans. Je me suis dirigé vers la plus jeune, je l'ai agrippée, j'ai vu les sauveteurs qui s'en venaient. J'ai repoussé la jeune le plus loin possible vers la plage pour qu'ils puissent la récupérer.» Opération périlleuse pour la dame de 31 ans sur le point de lâcher prise et de périr noyée. «Quand j'ai pu l'agripper, elle ne réagissait plus. Je l'ai prise pour qu'elle soit sur le dos, avec la tête vers le haut, et j'ai commencé à nager avec un seul bras. J'étais dans le courant et c'était pénible. J'ai pensé à ma fille de deux ans que je ne pouvais laisser sans père. J'ai eu une grande poussée d'adrénaline qui m'a fait nager plus vite. J'ai finalement pu mettre mes deux pieds à terre et la sortir de l'eau. Elle était inconsciente mais respirait toujours.» La troisième victime est ramenée par les sauveteurs.
D'émotions en émotionsPeu de temps après, les trois victimes marchent et se portent bien. «La dame m'a pris dans ses bras en me disant que je lui avais sauvé la vie. Son «chum» m'a embrassé comme si j'étais un membre de sa famille. Elle m'a fait parvenir une photo d'elle et son fils, ainsi qu'une lettre qui m'a fait pleurer où elle parle de moi comme son ange gardien. Je suis en contact avec elle et sa famille qui m'a fait parvenir une carte me disant que la personne que j'ai sauvée est plus que précieuse dans leur vie. C'est une infirmière qui travaille aussi à sauver des vies.» Avec le recul, Giovanni ressent beaucoup d'émotions. «Ma formation policière m'a aidé. On va vers le danger pour aider les gens. Ça fait partie de ma philosophie et ça justifie ma job pour les 25 prochaines années. Quand tu sauves la vie de quelqu'un, c'est une grande fierté et c'est inoubliable. Les policiers sauvent des vies presque quotidiennement de façon indirecte, par exemple, en arrêtant un chauffard aux facultés affaiblies. Mais sauver une vie directement, ça ne m'était jamais arrivé en 17 ans de travail policier.»
Son cheminementNatif de LaSalle, Giovanni Di Legge y a habité pendant plus de 30 ans. Il a complété un baccalauréat en études urbaines à l'Université Concordia et a fait un stage au service d'urbanisme de la Ville de LaSalle. Notre héros réside maintenant dans l'ouest de Montréal et a deux soeurs qui habitent LaSalle. Il a d'abord été patrouilleur à vélo dans l'ouest de l'île, puis a oeuvré au Centre d'intervention Ouest pendant cinq ans avant de revenir dans son patelin natal de LaSalle en tant qu'agent sociocommunautaire. «Ma job est d'aider les jeunes. J'espère en stimuler à devenir policiers, ambulanciers ou pompiers pour sauver des vies un jour, au lieu d'être membres d'un gang de rues ou de prendre de la drogue.»




