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Un patrimoine détruit : le noviciat des Petites Soeurs de l’Assomption

Un patrimoine détruit : le noviciat des Petites Soeurs de l’Assomption

Un patrimoine détruit : le noviciat des Petites Soeurs de l’Assomption

Denis Gravel
Publié le 1 Février 2010
Publié le 15 Avril 2010
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Sujets :
Ville de Montréal , Highlands , Société historique Cavelier-de-LaSalle , Quartier de l’arrondissement de LaSalle , Fleuve Saint-Laurent , Bronx

Le noviciat des Petites Sœurs de l’Assomption a fait partie intégrante de l’un des plus vieux quartier de l’arrondissement de LaSalle de la Ville de Montréal, le Centre. Le Centre est l’un des trois quartiers à la base du développement de LaSalle avec le Highlands et le Bronx (Village des Rapides). Il est limité au sud, par le fleuve Saint-Laurent, à l’ouest et au nord, par l’Aqueduc de Montréal et à l’est, par le boulevard Champlain. En incluant la 63e Avenue, le secteur ainsi délimité correspond à une superficie de 0,45 km2. C’est un quartier historique mal connu et, de temps à autre au sein de cette chronique, nous tenterons de vous le faire connaître davantage. Cette fois, nous ferons mention d’un élément malheureusement disparu de notre patriomoine local : le noviciat des Petites Sœurs de l’Assomption.

Les Petites Soeurs de l’Assomption est une communauté religieuse fondée à Paris, en 1865, par le père Étienne Pernet et soeur Marie-de-Jésus (Antoinette Fage). Cette communauté traverse l’Atlantique 68 ans plus tard pour s’établir à Montréal, d’abord, ensuite à Verdun. À la recherche d’un endroit où serait installé leur noviciat, elles acquièrent à bon prix une maison spacieuse et très solide, bien qu’un peu délabrée car inhabitée depuis cinq ans. Le bâtiment, situé en bordure du fleuve Saint-Laurent, à l’angle du boulevard LaSalle (anciennement chemin LaSalle) et de l’actuelle 68e Avenue, était la propriété de la famille Paquin. Ce terrain s’étend jusqu’à la rue Centrale.

La construction à deux étages, de style médiéval, date de 1902. Œuvre de Monsieur Miller, ses murs sont faits de mœllons taillés à même les pierres des champs apportées sur place par les Amérindiens de Kahnawake et, en outre, sertis au moyen de ciment rosé conférant à l’ensemble un cachet pittoresque. Ornementée par des oeils-de-boeuf, sa façade principale donne sur le chemin Saint-Laurent, voie routière devenue Riverside Drive (1907), avant d’être nommée chemin LaSalle (31 mai 1917). La toiture, revêtue d’ardoise, consiste en plusieurs petits toits à pentes multiples, avec quatre coqs sculptés, disposés de manière à circonscrire la résidence. La beauté du parquet de l’entrée, la joliesse du portail et de l’architecture générale sont de qualité encore rehaussés par les attraits d’un vaste jardin localisé dans un site splendide.

Les membres de cette congrégation vivent uniquement de charité. Leur mission: apporter aide et soins à domicile, chez les personnes à faible revenu; panser des blessures et vaquer aux travaux domestiques là où des mères ne peuvent financièrement se permettre un accouchement à l’hôpital. À ses débuts, le noviciat de LaSalle accueille seulement cinq Petites Sœurs françaises. De 1940 à 1965, la Belge, Marie-Louise Goffard, en sera la mère supérieure. Le nombre de religieuses s’élève graduellement jusqu’à 25 durant un séjour d'une ou des deux années. Devant l'augmentation du nombre de religieuses, un agrandissement s'impose en 1945. Ainsi, le côté ouest de la demeure s’allonge, créant l’espace indispensable à trois ajouts: un réfectoire, un dortoir, puis une chapelle. L’ordre possède également son propre cimetière qui longe la présente 68e Avenue.

Les coûts exorbitants de chauffage et d’entretien expliquent l’abandon de cette imposante bâtisse au début des années 1960. La vente du bâtiment et des terrains adjacents se concrétise en 1967 à un entrepreneur du secteur immobilier. La démolition, en 1968, libère l’emplacement sur lequel seront bientôt érigés les appartements «Marina Garden».

Tiré de : Denis Gravel, LaSalle d’autrefois, LaSalle, Société historique Cavelier-de-LaSalle, 2001, 27 pages.

Ce document peut être consulté sur place à la bibliothèque locale : l’Octogone.

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