«Merci Montréal », furent les premières paroles prononcées en français par le chanteur soliste, Win Butler. Puis il enchaîna en anglais : «Nos cœurs sont vraiment comblés. Merci. Être sur scène ici, à parler en français et en anglais, vous savez... On se sent comme chez nous.» Montréal répondit en un cri d'excitation et la lune de miel se poursuit...
Je dois cependant vous avouer que je ne suis pas une fan inconditionnelle d'Arcade Fire, tout simplement parce que mes goûts planent désormais confortablement dans un univers R&B; ce qui ne m'empêche pas pour autant d'apprécier leur son unique; celui-là même qui a fait de Bono et David Bowie, deux de leurs nombreux fans.
Il règne une merveilleuse sensibilité dans la musique d'AF et leurs performances sont empreintes d'une passion jubilatoire qui ne peut vous laisser indifférent. La semaine dernière, le spectacle d'Arcade Fire, avec comme foudroyante première partie, Kid Koala et Karkwa, m'a permis de me rendre compte encore une fois jusqu'à quel point j'aime vivre dans une ville qui est toujours prête à faire la fête. J'aime le fait de savoir que 100 000 personnes peuvent se rassembler pour un concert extérieur, sans crainte ni appréhension.
J'aime faire des blagues sur ce band de 82 musiciens, sur le fait que ces artistes indies aient le Mile End imprimé dans le front et jusqu'à quel point ils sont devenus les saints patrons des jeunes hipsters d'Amérique du Nord avant d'être reconnus internationalement (ils ont empoché à peu près tout ce qu'il y a de valables comme prix : Grammy, Juno et tout récemment, le Polaris).
Arcade Fire est incontestablement à l'image de Montréal : légèrement décalé, effrontément hipster, incroyablement passionné; bref, un savant mariage de culture française et anglaise. Et je ne fais pas ici référence qu'au tandem formé de Win Butler (ce grand Texan efflanqué originaire de Houston) et Régine Chassagne (une fille de Saint-Lambert avec un goût prononcé pour les robes flamboyantes, dont les parents ont fui le régime Duvalier avant d'atterrir dans cette banlieue endormie de Montréal). Je fais plutôt ici référence à toute cette confusion folle, éclatée et magique sur scène, inspirée de la rencontre de deux cultures et exprimée par la mandoline, les guitares, le xylophone et ces corps en sueur qui dansent comme s'ils étaient en transe. Ça ne devrait pas marcher et pourtant, ça clique. Allez savoir pourquoi...
Arcade Fire est incontestablement à l’image de Montréal : légèrement décalé, effrontément hipster, incroyablement passionné. -
Le pouvoir de l'art pour informer et inspirer
Parlant du pouvoir de l'art, j'aimerais attirer votre attention sur CINEMA POLITICA. Il s'agit d'un réseau de nouveaux médias montréalais à but non lucratif qui sélectionne des films politiques indépendants du Canada et d'ailleurs. Ses promoteurs croient que l'art n'est pas seulement un divertissement, mais qu'il peut aussi informer, inspirer et provoquer des changements sociaux. Cinema Politica est le plus vaste réseau universitaire et communautaire du genre à être géré depuis un campus.
Lundi dernier, à l'Université Concordia, on y projetait le film The Interrupters, un documentaire du réalisateur Steve James sur trois travailleurs sociaux de Chicago qui essaient de briser le cycle de la violence chez les jeunes de la rue. Tourné durant une année, le film couvre une période au cours de laquelle Chicago était devenue la Mecque nationale de la violence urbaine, avec notamment l'épisode de la mise à mort violente de Derrion Albert, un étudiant du secondaire, abattu devant une caméra-témoin.
La contribution quant au prix d'entrée des visionnements est volontaire et le tout est ouvert au public; les prestations sont suivies d'une discussion. Pour plus d'information, on clique sur : http://www.cinemapolitica.org/screening/concordia/interrupters.
Et n'oubliez pas que le Festival International du Film Black de Montréal se poursuit jusqu'au 2 octobre. Pour plus d'infos : www.montrealblackfilm.com
On ne peut jamais s'ennuyer dans cette ville...

