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J'ai mal à la vérité

Publié le 1 Novembre 2012
Le Messager Verdun
Publié le 1 Novembre 2012
Sujets :
Commission Charbonneau , Rue Notre-Dame

Nos mères nous ont toujours dit de dire la vérité; nos pères aussi… quand ils étaient là! Dire la vérité, lorsqu'on est petit, c'est naturel. Comme bien des enfants, je me suis, à l'occasion, attiré des conflits, des chicanes, des petits coups en bas de la ceinture, pour avoir juste dit la vérité. C'est pas moi qui a fait ça. C'est ma sœur!

L'apprentissage de la vérité, c’est comme apprendre à marcher. Quand on est petit, dire la vérité c'est souffrant. On est vite tenté de teinter la vérité, des petits mensonges blancs qui nous sauvent des coups, des tapes sur les doigts. Déjà la culpabilité apparaît, comme une sensation lourde et déplaisante. Dès que l'on commence à parler, on sait que c'est possible de mentir, que c'est même facile et que finalement, tout jeune on comprend, comme instinctivement, que toute vérité n'est pas bonne à dire. L'enfance prend le bord… Bienvenue dans le monde des adultes, le monde de la tricherie, du faux et des affaires pas belles, comme les «menteries».

On vieillit et on apprend que le père Noël n'existe pas. Tes parents t'ont pourtant juré le contraire. Première expérience avec une certaine trahison. Après, un peu après , on apprend à nos dépens que de dire la vérité, c'est pas toujours facile; cela a des conséquences.

A l'école, avec nos camarades, nos professeurs, on est vite confronté aux mensonges, à la vérité, au silence (qui est une forme de mensonge à l'occasion).

Puis, le travail, les «chums», les blondes, les voisins, les amis, la famille… Oui, la vérité fait peur! Dire la vérité, c'est pourtant libérateur, on le sait tous et toutes dans notre for intérieur. Mais on a peur de blesser, de faire mal et surtout de se faire haïr.

Je regarde ce qui se passe avec la commission Charbonneau. Je pense à la pauvre vérité qui est si coincée dans tant de mensonges. Qui dit vrai? Plus on écoute, plus on est dégoûté, découragé. De vieux fantômes apparaissent bien avant l'Halloween. Des fantômes noirs comme la nuit, des sorciers aux doigts tout croches, des Dracula qui sucent notre argent sans scrupules, plein de squelettes dans le placard. À qui faire confiance? Qui ment le moins ? Depuis quelques semaines, la corruption flotte particulièrement dans l'air de «Montréal-Métropolice», comme un vice inavoué, une fumée qui sort du château hanté de la rue Notre-Dame. Rien n'est prouvé, mais, trop tard, le doute est semé et le mal est fait. La confiance s'est envolée sur le bâton de la sorcière mal-aimée.

Comme vous, je ne suis pas fier de nous, j'ai mal à l'enfant qui dort encore en moi, j'ai mal à la vérité.

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