Pas une petite faiblesse passagère. Non. Vingt ans de tractations sous la table. Vingt ans à voler les contribuables; ceux-là même qui grommellent de mécontentement ou s’inquiètent silencieusement lorsque leurs impôts fonciers tombent à échéance.
L’homme qui fut rapidement surnommé par les médias «monsieur TPS» (Taxe Pour Surprenant) pour les «extras» qu’il empochait sur les contrats de la Ville, a eu le toupet de déclarer à la Commission : «Je ne suis pas méchant, je suis un fonctionnaire qui a été corrompu».
Mon pauvre homme, ce que tu nous dis c’est : je ne suis pas à blâmer. Je ne suis qu’un maillon d’un système diabolique que je ne contrôle pas.
Voilà donc la façon facile de s’en tirer. Mais cela ne vous innocente pas pour autant.
Surprenant n’était pas impuissant. Personne ne l’est. À part pour les tremblements de terre et les tsunamis, nous avons tous le choix de réagir d’une façon ou d’une autre aux événements. Nous avons tous dans nos vies l’occasion de choisir entre le bien et le mal. Le bien implique souvent des efforts supplémentaires à faire, mais il nous permet de pouvoir se regarder dans le miroir le matin quand on se lève.
Comme ma grand-mère me le disait quand j’étais enfant : ne fais jamais quelque chose que tu regretteras plus tard. Vous vous souvenez de la maternelle? «Ramasse tes jouets». «Ne mens pas». «N’insulte pas tes amis». «Ne prends pas ce qui ne t’appartient pas sans demander la permission». Des trucs de base qui demeurent vrais depuis que vous avez appris à lacer vos bottines.
Trop d’individus vivent leur vie sans se soucier d’un principe de base : nous sommes responsables de nos actes. Non, non, ne regardez pas derrière vous; non, ce n’est pas le type à votre droite ou cette femme qui détourne le regard. C’est bien de vous dont il s’agit. Vous êtes responsable de ce qui vous arrive. Ce sera toujours comme ça. Toujours.
Trop d’individus vivent leur vie sans se soucier d’un principe de base : nous sommes responsables de nos actes -
Comme le poète et écrivain Ivern Ball disait : «Plusieurs d’entre nous peuvent lire les graffitis sur les murs; mais on suppose toujours qu’ils s’adressent à d’autres personnes que nous».
À moins d’être sociopathe ou totalement dépourvu de conscience, vous êtes au courant de ce qui est acceptable ou non. Vous savez, cette petite voix à l’intérieur de vous qui vous avertit. Parfois, ce sont de toutes petites choses : cette pointe de gâteau que vous ne devriez pas manger, ce verre d’alcool de trop, ces compliments douteux à quelqu’un alors que votre conjoint(e) attend à la maison et… tous ces mensonges pendant 20 ans à monnayer votre silence.
La corruption est insidieuse. Comme le disait Robert Brault : «Vous ne vous levez pas un matin corrompu. Cela se bâtit à travers mille petits abandons pour votre intérêt personnel» (traduction libre).
Il s’agit bien là d’une situation inextricable. Quand plus de gens repèrent des brèches dans un système, plus de monde encore veut sa part du gâteau.
Si nous nous questionnons sur la moralité de nos gouvernants, c’est notre devoir d’exiger qu’ils rendent des comptes à la population à travers les mesures appropriées.
Je salue l’initiative du PQ de confier à un organisme indépendant la tâche d'enquêter sur les incidents impliquant des policiers.
La foi du public sera de retour quand celui-ci aura l’assurance que tout le monde répond aux mêmes règles et que tous sont sur un pied d’égalité.
C’est une idée préconçue que celle de croire que chaque fois que la loi est transgressée, il s’agit là d’un problème de société. Parfois ce n’est que l’affaire des individus impliqués.

