Seulement trois Québécois ont conquis les plus hauts sommets de chacun des sept continents, dont Bernard Voyer. François Langlois, 42 ans, entend bien, avant la fin de l'année 2010, franchir ce cap magique en défiant le dernier obstacle qui lui reste, soit le mont Vinson, en Arctique, un des endroits les plus froids sur la planète. «On se rend au Chili et un avion militaire russe nous amène au pied du mont. Si la météo n'est pas bonne, on peut être pris là-bas pendant des semaines avant que l'avion puisse venir nous chercher. Je devrai donc prévoir un mois et amener des réserves pour me tirer d'affaires.»
Au fil des ans, Langlois a gravi les monts Everest (Népal), Aconcagua (Argentine), Logan (Yukon), McKinley (Alaska), Kilimanjaro (Tanzanie), Elbrouz (Russie). Mal des hauteurs, engelures, hypothermie, oedème pulmonaire, avalanche et crevasses font partie des aléas de l'aventure.
Lorsqu'un aventurier ambitionne de gravir le plus haut sommet de chaque continent, il y a débat à savoir quel est le continent là-bas: Australie ou Océanie. François Langlois n'a pris aucun risque et a choisi d'escalader les deux.
«Je suis parti le 12 septembre. D'un avion à l'autre. De Montréal à Los Angeles, Sydney, Jakarta, Timika et vers le petit village de Sugapa, qui n'apparaît même pas sur la carte. De là, une randonnée de 70 kilomètres dans la jungle de la Papouasie pour se rendre au pied de la montagne appelée pyramide de Carstenz. La forêt est tellement dense que si tu dévies du sentier, tu es foutu. Seulement 14 hommes blancs ont emprunté ce sentier avant moi. Nous étions une trentaine de grimpeurs et porteurs. On passe sur le territoire de tribus et chaque fois, il faut une permission du chef. C'est comme reculer de 50 ans. Un matin, j'ai eu une leçon de partage. Je suis parti sans déjeuner. J'avais oublié la dernière côte de quatre kilomètres et j'étais brûlé. Un Indonésien m'a offert la moitié de sa patate et une Papouasienne m'a donné sa banane.»
La pyramide de Carstenz est la plus difficile sur le plan technique. Il faut énormément d'équipement pour faire face à 12 cordées et une traversée en tyrolienne à une altitude de 4700 mètres. «C'est une escalade de roches. Zéro végétation. Quand on traverse en tyrolienne dans le vide à 16 000 pieds d'altitude, c'est quelque chose car l'oxygène est réduit de moitié. C'est le plus unique des sept sommets. Seulement 200 personnes sur la planète l'ont escaladé avant moi. En Papouasie, il pleut tout le temps. C'est tellement humide que nos vêtements sont trempés constamment. Au sommet, on ne voyait pas grand chose à cause des nuages. Mais c'est la satisfaction de relever le défi et le cheminement pour y arriver qui importent. J'ai grimpé avec des spécialistes de divers coins du monde. Un Coréen en était à son septième sommet et il y avait deux Américains, une Polonaise, une Mexicaine et un Espagnol.»
En revenant de l'Indonésie, François Langlois s'est arrêté à Sydney en Australie. Il a loué une voiture et s'est rendu escalader le mont Kosciszko, plus haut sommet de ce pays (2000 mètres), à mi-chemin entre Sydney et Melbourne. «C'est une montagne de ski. On prend le monte-pente et ensuite il faut monter à pied pendant six kilomètres. Rien de difficile mais une vue superbe et une grande satisfaction.»
Au secours des enfants maladesEn janvier 2009, François Langlois mènera de nouveau un groupe de bénévoles vers le sommet du Kilimanjaro (19 000 pieds en Tanzanie, Afrique). Un périple permettant de recueillir des fonds au profit de la Fondation Charles-Bruneau pour la lutte contre le cancer. «Je guiderai 18 personnes, dont quatre vedettes de TVA: Pierre Bruneau, Ève-Marie Lortie, André Robitaille et Marcel Bouchard.»
Puis, en mai 2009, il guidera 30 «trekkers» au camp de base du mont Everest. «Nous visiterons les sherpas de l'Himalaya et les moines boudhistes, au profit de la Fondation <




