En poste depuis le 8 mars dernier, le nouveau directeur général de Radio LaSalle, Serge Paquin, est à élaborer un vaste plan de relance de la station de radio communautaire qui survit dans une situation plutôt précaire depuis son ouverture il y a quelques années.
Pour M. Paquin, «la radio n'avait pas les moyens de ses ambitions. Il faut refaire tout l'exercice de départ. Si on veut offrir le service pour lequel on s'est engagé auprès du CRTC, ce n'est pas dans les conditions actuelles qu'on est en mesure de livrer cette marchandise-là. Nous n'avons plus les moyens d'offrir un service avec trois animateurs permanents avec des temporaires et des surnuméraires. Il faut prendre un peu de recul et repartir la boule à zéro. Il faut changer l'image corporative et le logo, et revoir toute la programmation pour mieux refléter la communauté.»
Une des premières décisions prises par Serge Paquin a été de déménager les bureaux administratifs à la Mairie d'arrondissement. «Au Centre Henri-Lemieux, la radio opère dans un environnement très exigu et on se marchait sur les pieds. L'adjointe administrative et moi, nous sommes déménagés depuis un mois.»
Serge Paquin explique que son plan de relance nécessite une solution urgente sur le plan technique. «Nous avons un problème sérieux de signal dans l'ouest de LaSalle. À partir de la 90e Avenue, les gens ne captent pas notre radio. C'est un non-sens. J'ai entrepris les démarches auprès du CRTC et à Industries Canada pour déménager l'antenne sur le toit de la Mairie. L'antenne actuelle est unidirectionnelle et n'est pas assez haute. Sur le toit de l'hôtel de ville, on aura une antenne directionnelle qui va couvrir adéquatement l'arrondissement. Il faut que tous les LaSallois puissent capter leur radio de façon adéquate. Ce problème est un frein énorme au développement de la station. On ne peut solliciter de publicité locale alors que le client ne peut capter la station dans son magasin.»
Entente avec l'ArrondissementSerge Paquin affirme que l'entente intervenue avec l'Arrondissement pour l'utilisation de locaux du troisième étage de la Mairie constitue un élément clé. Une entente de cinq ans sans frais de loyer et avec accès gratuit au toit de l'édifice pour y installer l'antenne. «Ça diminue de beaucoup les frais d'opérations. La radio sera professionnelle et bien équipée. On va faire du recrutement, entre autres, auprès de la communauté anglophone car on a le droit de faire 22 heures par semaine d'émissions en anglais. On veut aussi impliquer les communautés ethniques.»
Difficile de fixer un échéancier précis. «On devra être un peu «low profile» entre le 15 mai et l'ouverture officielle qui devrait avoir lieu d'ici décembre. Je suis à terminer les soumissions pour l'aménagement des studios et l'achat du matériel. D'ici la fin de mai, je déposerai les demandes d'aide financière auprès du ministère de la Culture, ainsi qu'à d'autres bailleurs de fonds potentiels. À partir de la mi-mai, nous diffuserons quatre heures par jour, entre 10h et 14h, des émissions de CIBL Radio-Montréal, pour libérer les ressources humaines qu'on a et maximiser tout ce qu'on peut faire. Pas question de compétitionner les grosses radios de Montréal. C'est une radio qui appartient aux gens de LaSalle.»
Natif de Malartic, en Abitibi, et fils de mineur, Serge Paquin a 32 ans d'expérience dans le domaine des organismes sans but lucratif. «Ça fait 22 ans que je travaille dans le domaine de la radio communautaire. En 1991, j'ai accepté un poste d'agent de développement pour l'Alliance des radios communautaires du Canada qui travaille pour le développement des communautés francophones et acadiennes à Ottawa. En 1998, j'ai été promu secrétaire général de l'Alliance jusqu'en 2002. Depuis trois ans, j'étais consultant en radio. J'ai déménagé d'Ottawa à la Rive sud de Montréal.»
C'est par hasard qu'il a découvert que le poste de directeur général de 100,1 Radio LaSalle était ouvert. «Je suis un gars de public et d'action et j'avais besoin que ça bouge, de voir des gens et d'être un peu plus stimulé. Je crois que c'est un défi que je suis en mesure de relever mais je ne peux le faire tout seul. Une radio communautaire se bâtit avec l'appui des gens de la communauté. Sinon, la mission n'a pas de sens.»
