Enseignant au Cégep André-Laurendeau, Alain Therrien publie un essai sur les relations économiques entre le Canada et les provinces
Le prédateur et l'imposteur. La politique économique selon Jean Chrétien et Paul Martin
La sortie récente de la biographie de Jean Chrétien, ancien premier ministre du Canada, a fait beaucoup de bruit cet automne. La publication du livre Le prédateur et l’imposteur. La politique économique selon Jean Chrétien et Paul Martin (Lanctôt Éditeur) vient cependant jeter une lumière tout autre sur les années Chrétien et Martin.
Le livre d'Alain Therrien, enseignant au Cégep André-Laurendeau, et de Jean-Denis Garon, retrace l’histoire des relations économiques entre le Canada et les provinces et en souligne le dysfonctionnement.
On attribue généralement au Parti libéral de Jean Chrétien le mérite d’avoir sorti l’économie canadienne du marasme dans lequel elle s’enlisait dans les années 1990. Par conséquent, on considère Paul Martin comme l’un des ministres des Finances les plus géniaux pour avoir réussi là où ses prédécesseurs avaient échoué. Hélas, la réalité est tout autre…soutiennent les auteurs Alain Therrien et Jean-Denis Garon.
«Nous avons travaillé à la préparation de ce livre tout au long de l'été 2007 parce qu'on voulait servir une riposte aux mémoires de Jean Chrétien. C'est un livre axé sur l'économie mais nous vulgarisons très bien et nous expliquons clairement aux lecteurs ce que sont la péréquation, les paiements de transferts, le système économique, etc.»
Les auteurs parlent du contexte économique difficile des années 70 et 80 et expliquent d’où vient le déficit record accumulé qui s'est poursuivi sous le règne libéral. Ils rappellent que dans les années 90, le climat économique international s'est grandement amélioré. «C'est cette conjoncture très favorable, avec entre autres la baisse des taux d'intérêt, qui a permis aux pays industrialisés comme le Canada d'éliminer leur déficit et réduire leur dette. Nous parlons d'imposteur car le gouvernement Chrétien a profité du contexte pour faire croire que c'est lui qui réglait tous les problèmes. Et nous parlons du prédateur parce qu'il en a profité pour réduire les paiements de transferts et empiéter dans les champs de compétences provinciales.»
Le livre aborde également les questions soulevées dans l’actualité telles que: la péréquation, le déséquilibre fiscal, le pouvoir fédéral de dépenser, les coupures des transferts aux provinces, le détournement des fonds de l’assurance-emploi, etc.
Le lancement du livre s’est déroulé le 17 octobre 2007, en présence de Bernard Landry, ministre des Finances du Québec durant les années où Jean Chrétien était au pouvoir. M. Landry a dit «en avoir beaucoup appris» en lisant cet essai.
Un souverainiste convaincu
Souverainiste convaincu, Alain Therrien a été candidat du Parti québécois dans la circonscription de Marguerite-Bourgeoys à deux reprises, soit en 1994 face à Liza Frulla et en 1998 face à Monique Jérôme-Forget.
Il se prépare à l'écriture d'un second livre au cours de l'année 2008 qui s'évertuera à faire la promotion de l'adoption éventuelle par le Québec du dollar américain.
Natif de Verdun, Alain Therrien est détenteur d'une maîtrise en sciences économiques de l'Université du Québec à Montréal. Il enseigne depuis 15 ans au Cégep André-Laurendeau et est chargé de cours à HEC Montréal depuis 2003, notamment au MBA. Spécialiste en commerce international, il est aussi chroniqueur au Canal Argent (TVA).
Pour sa part, Jean-Denis Garon est micro-économiste et se spécialise dans les domaines de l'économie publique et des finances gouvernementales.