Le ventre de la maman, un lieu sécuritaire au Canada ?
Les médias nous rappelaient dernièrement que l’avortement a été légalisé au Canada le 28 janvier 1988. Les Canadiens sont-ils vraiment d’accord avec toutes les conséquences du grand vide juridique qui existe depuis cette date autour de la protection de la vie du fœtus dans le sein de sa mère ?
Être pro-choix au Canada, cela veut dire qu’on accepte ou encourage toute mère qui le désire à procéder à la mort de l’enfant qu’elle porte de la conception jusqu’à la naissance, aucune loi ne limitant l’âge auquel un foetus ne peut être avorté. Une mère posant le même geste quelques heures après la naissance naturelle de son enfant sera pourtant accusée d’infanticide, traitée en psychiatrie ou emprisonnée. Du jour au lendemain un choix qu’on dit personnel devient un homicide dénoncé dans tous les médias. Quelle incohérence!
Être pro-choix, c’est accepter qu’un foetus humain, capable de ressentir la souffrance à partir de la huitième semaine de gestation, puisse être détruit de n’importe quelle manière sans égard aux sensations douloureuses pouvant résulter de sa mise à mort pratiquée sans aucune anesthésie préalable. Ces êtres vulnérables n'ont pas choisi d’être là mais subissent le choix des autres. Des enfants sont nés amputés d’avortements ratés.
Chez les kangourous, la maman met au monde un minuscule embryon de 3 à 5 cm de long et pesant moins d’un gramme. Cette larve aveugle arrive à trouver son chemin jusqu’à la poche marsupiale où elle s’accroche à une des deux tétines. Eh bien, si en moins de vingt ans, plus du tiers des mamans kangourous se mettaient à tuer leurs embryons ou les foetus croissant dans leurs poches, des scientifiques du monde entier tenteraient de trouver des explications à ce phénomène inquiétant et anormal qu’on appellerait sûrement le syndrome du kangourou avorteur. Tout serait mis en œuvre pour aider la maman kangourou à retrouver son instinct maternel. Les Canadiens devraient aussi s’inquiéter du fait que plus du tiers de nos mamans décident de tuer leurs foetus dans nos cliniques et nos hôpitaux plutôt que de donner la vie à l’enfant qui grandit en elle.
Le ventre de la maman devrait être le lieu le plus sécuritaire pour le foetus, être humain vivant en croissance, et nos lois en ont fait le lieu le plus dangereux pour sa survie. Je considère que les lois sur la légalisation de l’avortement et son financement par les fonds publics sont un grand recul pour notre société puisqu’elles vont à l’encontre même des mécanismes de survie de notre espèce, résultat de milliers d’années d’évolution. En vingt ans seulement, il y a eu deux millions d’enfants conçus et avortés. Nos lois devraient plutôt favoriser le processus naturel de la vie en soutenant la mère et l’enfant à toutes les étapes du développement de la vie.
Solange Viau,
Enseignante à la maternelle