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Tintin au pays de l'or noir

Pierre Lussier par Pierre Lussier
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Article mis en ligne le 15 juin 2008 à 14:09
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Tintin au pays de l'or noir
L’idée de complot n’est jamais bien loin lorsqu’on parle de crise du pétrole. Les théories abondent en ce domaine, mais ce sont toutefois les romanciers et les créateurs qui ont le mieux illustré la saga du précieux liquide. L’or noir a inspiré Hergé, le papa de Tintin, dans la réalisation d'un de ses albums en 1950. Le contexte politique et social a changé, mais l’enjeu est toujours le même : la soif insatiable de pétrole dans tous les pays industrialisés. La demande est décuplée et tous les moyens sont bons pour s'en procurer, y compris les guerres.

Au 19e siècle, le premier gisement de pétrole est exploité à Titus en Pensylvanie. On raconte d’ailleurs qu’il suffisait de creuser le sol avec ses mains pour toucher des sédiments imbibés de pétrole. Flairant la bonne affaire, l’aventurier Rockefeller créa la Standard Oil, car il aura vite compris la valeur commerciale du produit. L’homme sillonnera les Etats-Unis, plantant ses derricks en Oklahoma, au Texas et même en Californie. Le charbon qui faisait tourner les usines, voit son règne hypothéqué. À la fin du 19e siècle, c’est l'invention du moteur à explosion et la production industrielle d'automobiles qui multiplie par mille les besoins de pétrole.

Le 20e siècle a vu naître et grandir de puissantes compagnies pétrolières qu’on soupçonne d’avoir créé le cartel appelé poliment les «sept sœurs». La création de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en 1960, mettra fin au monopole des trusts en imposant des règles dictées par les états producteurs comme l’Arabie Saoudite et l’Iran.

On pourrait parler longtemps des conspirations et des coups d’état reliés au pétrole qui font encore la une des médias. En fait, l’or noir est à l’origine de conflits meurtriers et de surenchères dont le plus récent épisode est l’actuelle flambée des prix. Le prix du brut a franchi les seuils psychologiques de100$ et de 150$ le baril et d’après les experts ce n’est pas fini.

Le consommateur qui fulmine en faisant le plein à la pompe est victime d’une conjoncture qui ne peut que se détériorer : le pétrole facile à extraire et pas cher est de plus en plus rare, d’où les frais d’extraction de plus en plus élevés, la demande accrue des pays émergents comme la Chine et l’Inde et finalement le contexte politique au Moyen-Orient et au Vénézuela (parfois un prétexte pour les spéculateurs).

Tous ces facteurs incitent à penser que l’ère du pétrole, cette source d’énergie de surcroit polluante, tire à sa fin. Plutôt que de trouver des boucs émissaires et diaboliser l’automobile dont la soif de carburant est bien connue, on devrait plutôt accélérer la recherche de sources d’énergie alternatives pour la propulsion des moteurs, l’électricité, l’hydrogène, l’énergie solaire, etc.

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