Kirpan: Accusé d'agression armée, le jeune de 13 ans plaide non coupable
La CSMB prend connaissance de l'ordonnance de la Chambre de la jeunesse
L'adolescent sikh qui aurait brandi son kirpan lors d'une dispute survenue le 11 septembre dans la cour de l'école secondaire Cavelier-de-LaSalle, a été bel et bien accusé d'agression armée. Trois accusations de voies de fait ont été portées contre le jeune homme de 13 ans qui a plaidé non coupable lors de sa comparution devant la Chambre de la jeunesse le 26 septembre.
Lors d'une dispute avec deux autres élèves de Cavelier-de-LaSalle, le jeune aurait agité une longue aiguille servant à tenir ses cheveux devant les deux autres, avant de pointer vers eux son kirpan enroulé dans un tissu. Suspendu par l'école, il a été convoqué au centre opérationnel Ouest de la police de Montréal, où il a été interrogé en présence de ses parents et d'un avocat. «C'est un incident criminel et nous avons déposé un dossier au procureur pour que des accusations d'agression armée soient portées», a précisé l'agent Olivier Lapointe, porte-parole de la police de Montréal.
Ces accusations ont déplu cavalièrement à l'avocat Julius Grey qui a affirmé que son jeune client n'a jamais sorti le kirpan et n'a fait aucune menace. «La décision appartient à la cour mais ce qui me choque, c'est l'existence même de la cause. Ce qui s'est passé, c'est une simple dispute entre deux enfants de 13 ans. On met en danger son éducation. Il est accusé faussement. Je ne reconnais pas là le grand consensus québécois sur les droits des enfants à l'éducation.»
C'est un incident survenu près d'une école primaire de LaSalle en 2006 qui avait soulevé un débat concernant le port du kirpan à l'école. Le 2 mars 2006, la Cour suprême avait tranché en faveur du port du kirpan dans les écoles pour les élèves sikhs, estimant que la liberté religieuse primait sur les menaces à la sécurité collective.
La Commission scolaire et l'ordonnance
Dans un communiqué, la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) affirme prendre connaissance des détails de l'ordonnance émise par le juge de la Chambre de la jeunesse à la suite de l'incident survenu «hors des heures de classe et à l'extérieur de l'établissement scolaire et impliquant deux autres élèves. L'incident ayant eu lieu à l'heure du lunch, l'école a été mise au fait de l'appel aux policiers, logé par un parent des jeunes impliqués. Au retour en classe, l'école a été au départ de l'enquête, le point de rencontre initial des policiers et des opposants. Le processus policier a par la suite suivi son cheminement usuel, hors des murs de l'école. Soucieuse à la fois du bien du jeune et de la quiétude du milieu, l'établissement scolaire a retiré temporairement de l'école l'élève sous enquête. Des plans de travail lui sont acheminés afin de préserver son cheminement scolaire.»
Du strict point de vue éducatif, préoccupée par ce cheminement scolaire et répondant à l'obligation qui lui est faite par la Loi de l'instruction publique de scolariser tout jeune de 16 ans et moins, la direction de l'école Cavelier-de-LaSalle a maintenu pendant cette période des échanges empreints de collaboration avec les parents de l'élève en question.
La prise de connaissance des détails de l'ordonnance de la Chambre de la jeunesse permettra de prendre en compte les conditions assorties. Les discussions relatives à la poursuite de la scolarisation auront lieu avec les parents de l'élève.
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Commentaire mis en ligne le 10 octobre 2008ca cest fo tou est fo