L'équité: une fierté collective
À la suite de l'invitation d'une lectrice à sortir mon chéquier, je me suis empressée de prendre ma plume. Ce ne fut cependant pas pour signer un chèque en blanc mais bien pour répondre à ses propos concernant la récente entente sur l'équité salariale et notamment sur mon attitude triomphaliste.
D'entrée de jeu, je tiens à réaffirmer ma grande fierté de voir ce dossier historique réglé. Cette victoire n'est pas la mienne, c'est vrai. C'est celle des milliers de femmes du Québec qui travaillent dans le secteur public. Et c'est également celle de toutes les femmes du Québec. Car au-delà des chèques, des versements, de la rétroactivité, des échelles salariales, des cotes et des pourcentages, il y a une grande victoire qu'il nous faut célébrer collectivement. À mes yeux, cet accomplissement n'a pas de prix.
J'ai toujours pensé que le meilleur ingrédient pour réussir en politique était de croire aux idées qu'on défend. L'équité salariale, j'y croyais plus que tout. J'ose penser que cette conviction que j'avais, conjuguée à celle de mes vis-à-vis, a contribué en partie à l'entente que nous connaissons. Rappelons-nous que c'est un gouvernement libéral qui permettra à terme de distribuer 825 millions $ année après année aux femmes du secteur public.
Quant à la question des paiements consécutifs à cette entente, je crois important de rappeler que les sommes versées seront puisées à même les fonds publics. J'ai fait preuve de la même discipline et de la même rigueur dans ce dossier que celles dont j'ai usé depuis qu'on m'a confié la responsabilité du contrôle des dépenses publiques. La demande d'étalement formulée à la Commission de l'équité salariale n'avait qu'un objectif, permettre de régler ce dossier dans le respect de la capacité de payer de l'ensemble des Québécois. Car si les employés de l'État méritent mon respect, il en va de même de l'ensemble des citoyens. On ne corrige pas une injustice en en créant de nouvelles. J'ai annoncé que nous n'irions pas en appel de la décision de la Commission même si cela nous oblige à refaire certains devoirs au plan budgétaire.
Le règlement de l'équité salariale dans le secteur public est une source de fierté collective et je me réjouirai toujours, comme femme politique, d'avoir contribué à ce succès. Je veux assurer à l'ensemble des employés concernés par l'entente que tout est mis en oeuvre afin de verser les correctifs salariaux dans les meilleurs délais.
Monique Jérôme-Forget
Députée de Marguerite-Bourgeoys. présidente du Conseil du trésor et ministre responsable de l'Administration gouvernementale