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Journal d'opération

Une journée très spéciale, en compagnie de gens exceptionnels.

Marilyse Hamelin par Marilyse Hamelin
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Article mis en ligne le 6 avril 2007 à 17:57
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Journal d'opération
Toute l'équipe ayant participé à ce projet spécial.
Journal d'opération
Une journée très spéciale, en compagnie de gens exceptionnels.
Ce fut une journée complète dédiée à rassurer des citoyens parfois réfractaires, souvent surpris de voir la police à leur porte, mais au final toujours heureux de constater que les forces de l'ordre protègent et surveillent leur quartier.
«Ça fait plaisir de vous voir!», «Enfin, vous allez faire quelque chose!», «Ça n'a plus de bon sens, il se passe toutes sortes d'affaires!», voilà des commentaires entendus au fil de l'opération porte-à-porte, signe que l'initiative était la bonne et qu'il faudra peut-être la répéter régulièrement.

Malgré le sérieux de l'affaire et le danger réel que représentent les gangs de rue, les agents du SPVM ont su dédramatiser la situation au sein d'une population souvent effrayée, en les mettant à l'aise, usant de quelques bonnes blagues du genre: «Bonjour c'est nous! On s'invite à déjeuner!» ou encore «Moi, c'est une crème deux sucres!»; créant un style d'approche plus décontracté que lors d'opérations répressives.

Cette journée passée en compagnie d'agents du SPVM dotés d'un sens de l'humour aiguisé, dégageant une image de bons vivants qui détonne avec l'idée que l'on se fait généralement des policiers, a déboulonné le mythe pour plusieurs, tant chez les gens rencontrés que chez les accompagnateurs civils, qui ont eu beaucoup de plaisir à collaborer à l'opération toute la journée.

En voici justement un résumé:

8h30: Heure de rendez-vous au poste de quartier 13 sur le boulevard LaSalle. Les représentants d'organismes invités discutent calmement devant un bon café, tandis que d'autres se pressent devant le buffet gentiment concocté par l'agente Francine Duval, bien connue des jeunes de l'école Cavelier de LaSalle, qu'elle fréquente assidûment.

9h: C'est l'heure des présentations, chaque représentant communautaire y va de son laïus dans un tour de table que dirige le commandant Rousseau.

Visiblement intimidés de devoir travailler avec des civils dans une opération porte-à-porte, les policiers doivent se présenter à leur tour. D'étrangers, les deux factions du groupe apprennent à s'apprivoiser

9h30: La mairesse de l'arrondissement LaSalle, Manon Barbe, se joint à l'informelle réunion afin de manifester son support et sa satisfaction de voir ainsi s'associer des représentants de groupes communautaires et des agents des forces de l'ordre.
Le grand départ
Près de dix voitures de police, ainsi que le poste de commandement (la semi-remorque tout équipée qui sert notamment lors des prises d'otages), se déplacent ensembles et débarquent sur le boulevard St-Patrick. Voilà de quoi attiser la curiosité.
L'opération, qui a pris son envol vers 10h, attire certes l'attention, mais suscite aussi une certaine inquiétude chez les gens du quartier.

Les policiers et les citoyens participants à l'opération ont tôt fait de les rassurer, en faisant des blagues pour détendre l'atmosphère et en leur expliquant la raison de leur présence sur ce territoire.

Après quelques vérifications techniques, comme la liste des adresses à éviter et le trajet à emprunter, le groupe de subdivise en petits groupes de trois agents et environ le même nombre de civils.

Les blocs sont pris d'assaut, on visite chaque appartement, chaque étage, de haut en bas.

12h: C'est le break, il faut manger, retour au poste de contrôle. Curieux, le comandant Rousseau, ainsi que les policiers restés aux commandes, posent des questions, veulent savoir ce qui a été trouvé sur le terrain.

Réponse: Une majorité de familles monoparentales, des familles immigrantes, venues des pays de l'est, de l'Amérique du Sud, du Maghreb et beaucoup d'Afro-Américains aussi.

Des gens qui ont peur, qui sont visiblement rassurés de voir que la police s'intéresse à eux, qui promettent de coopérer s'ils sont témoins de quoi que ce soit, voilà qui sont les gens rencontrés.

12h30: C'est reparti de plus belle! Il faut monter un, deux, trois, puis quatre étages à pied puis redescendre à chaque bloc appartement. Personne ne se plaint, mais tous semblent avoir les jambes lourdes.

Une policière confie que tout son attirail: une veste anti balle, la radio, le revolver et tous les accessoires, pèsent près de vingt livres. Ouf! On comprend que les policiers soient bien entraînés!

Encore quelques édifices et vers 15h, l'opération se termine, la totalité des résidences visées ayant été visitées. Retour au bercail, le poste de quartier 13.

Une journée bien chargée… en énergie positive!

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