Lucie Bouchard Bellemare et Julie Dubé.
Aventures et mésaventures en Bolivie et au Pérou
Odyssée inoubliable de deux étudiantes universitaires
Courageuses, déterminées, friandes d'aventures… et de mésaventures, Julie Dubé, 21 ans, et Lucie Bouchard Bellemare, 22 ans, sont deux jeunes femmes qui n'ont pas froid aux yeux. Elles viennent de compléter avec brio un projet humanitaire digne de mention en Bolivie et au Pérou.
Contre vents et marées, les deux jeunes femmes qui viennent d'amorcer la dernière année de leur cours d'ergothérapie à l'Université de Montréal ont acquis une expérience de vie qu'elles n'oublieront pas de sitôt. C'est dans la ville de Sucre, en Bolivie, que nos aventurières ont contribué, chacune à leur façon, à améliorer la qualité de vie d'orphelins et de déficients intellectuels de ce coin de l'Amérique du Sud.
Âgée de 21 ans, Julie Dubé a habité LaSalle pendant deux ans et réside à Longueuil depuis peu. En Bolivie, elle a travaillé dans un orphelinat. Lucie Bouchard Bellemare, 22 ans, habite LaSalle depuis une vingtaine d'années et a oeuvré dans un institut psychiatrique.
L'ergothérapeute travaille à récupérer et développer les capacités nécessaires à l'accomplissement d'une tâche, modifier les postures à risque, développer des stratégies de gestion de la douleur, du stress et de l'énergie et faciliter les comportements de travail appropriés. En cas d'incapacités créant des limitations permanentes, l'ergothérapeute évalue les besoins à domicile ou en milieu de travail afin de pallier à l'incapacité.
Un projet ambitieux
Créé en 2003, ce projet s'adresse aux étudiantes de troisième année en ergothérapie. «Nous étions huit filles. C'est un rêve que je caressais depuis longtemps de partir à l'étranger pour étudier ou pour un stage. C'était le «timing» idéal d'y aller cette année et de vivre cette expérience dans le travail que j'ai choisi,» affirme Julie Dubé.
«Moi, je suis très attirée par l'Amérique du Sud et le fait que c'est un projet concret. J'avais déjà voyagé en Équateur et je voulais vivre une expérience en ergothérapie. Il fallait se débrouiller avec les moyens du bord et vendre notre produit car l'ergothérapie n'existe pas en Bolivie.»
On ne part pas dans une telle aventure les yeux fermés. «Six mois de préparation. On a vendu des billets de tirage et organisé des événements. L'argent nous a permis de défrayer le coût des vaccins, des cours d'espagnol, des passeports, des assurances, etc. On a reçu deux bourses et un organisme gouvernemental a défrayé 70 % du coût des billets d'avion. Sur le terrain, on payait de notre poche.»
Parties le 1er juin de l'aéroport de Dorval, le trajet s'est avéré plutôt sinueux. Quatre avions pour se rendre à Sucre, en Bolivie.
La mission de Julie et de Lucie
Dans le cas de Lucie Bouchard Bellemare et de l'institut psychiatrique, la mission a pris une tournure différente. «C'est un campus de huit résidences pour les patients, avec une boulangerie, une buanderie, des médecins et une maison de bénévoles dans laquelle nous vivions. J'avais une chambre simple, avec douche et toilette. Nous avons fait de l'enseignement avec les thérapeutes pour les bienfaits de l'ergothérapie pour la santé mentale. Pour réintégrer certains patients, ils leur donnent un petit travail à la buanderie ou à la boulangerie mais il n'y a pas de supervision. On a développé de meilleures méthodes de travail et un environnement sécuritaire. Des déficients intellectuels se retrouvent avec des schizophrènes, des épileptiques et j'ai été surprise de découvrir qu'ils donnaient des cigarettes aux patients comme récompenses.»
Dans le cas de Julie Dubé à l'orphelinat, l'objectif était de rendre l'environnement de travail plus sécuritaire et réduire les retards de développement chez les enfants. «On a travaillé sur le développement des muscles et la posture des enfants. Les armoires n'étaient pas identifiées et les bénévoles perdaient du temps à chercher couches et vêtements. On a mis de l'ordre dans ça. Il y avait une maison de bénévoles et on y habitait. Nous étions deux et c'était comme un appartement, avec frigo, poêle, douche, etc. Un groupe d'Espagnols est arrivé et nous avons dû rejoindre le groupe de Lucie. Nous avions le dîner à l'orphelinat mais il fallait s'arranger pour le déjeuner et le souper. On mangeait au restaurant.»
L'avenir des futurs ergothérapeutes est prometteur. «Il y a 0% de chômage. Une profession en expansion, surtout avec le vieillissement de la population. On peut faire des visites à domicile ou en milieu de travail, oeuvrer auprès des enfants, adultes, personnes âgées ou handicapées, pour des centres d'hébergement, des CLSC, des hôpitaux, etc.»
D'une mésaventure à une autre
Pendant leur séjour, Julie et Lucie ont été confrontées à diverses mésaventures. Accident d'autobus, crevaison et barrages routiers ont marqué leur odyssée.
Julie Dubé a été particulièrement touchée. En sol bolivien depuis une semaine, elle a eu la douleur de perdre son père, décédé subitement. Elle a dû revenir au Québec et son amie Lucie l'a l'accompagnée. Quatre avions et deux jours pour assister aux obsèques. Julie n'a pas baissé les bras et est repartie vers Sucre. «La famille de mon père me proposait de payer mon billet de retour. J'ai acquis moins d'expérience que les autres mais j'ai fait tout ce que j'ai pu.»
L'odyssée de Julie n'était pas terminée. Son caractère a été mis à l'épreuve lorsqu'elle a été victime d'un vol orchestré par un faux chauffeur de taxi et de faux policiers. «Je suis sortie d'un autobus vers 3h le matin et un chauffeur de taxi a demandé si des gens allaient à Sucre. J'ai monté et deux femmes ont pris place chaque côté de moi. Des gens nous ont interceptés et se sont fait passer pour des policiers. Ils m'ont demandé de vider mon sac et m'ont volé mon argent américain, mon appareil photo, mon MP3, etc. Il ne me restait qu'un peu d'argent bolivien. Ils m'ont laissé sur une petite rue toute noire. Un vrai chauffeur de taxi m'a conduite au poste de police, dans un sous-sol où les policiers fumaient et jouaient aux cartes. J'ai fait un rapport et suis sortie de là à 10h. J'étais à la mauvaise place au mauvais moment mais je ne regrette rien.»
Un pays d'une grande beauté
Nos aventurières ont eu le coup du foudre pour la Bolivie. «Wow, c'est vraiment un beau pays. Il y a la jungle, le désert de Salar de Uyuni, de magnifiques paysages, des montagnes splendides, une végétation variée. Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie. Il y a des secteurs plus riches mais aussi des enfants qui quêtent le soir. En campagne, c'est beaucoup plus pauvre. De petites maisons sans fenêtre mais pas de bidonville. Plusieurs portent l'habillement traditionnel.»
Après le stage, Julie et Lucie ont profité des dernières semaines pour visiter le Pérou et découvrir le Machu Picchu, ancienne cité inca perchée sur les hauteurs de la cordillère des Andes. Aujourd'hui en ruine, elle se situe à une altitude de 2350 mètres. La ville sacrée de Machu Picchu est le site archéologique inca le plus important du Pérou. Le 7 juillet, l'endroit a été désigné comme l'une des sept merveilles du monde.