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Élaine Primeau, un courage à toute épreuve

Son combat pour vaincre la rétinite pigmentaire

Pierre Boulanger par Pierre Boulanger
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Article mis en ligne le 15 novembre 2007 à 12:36
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Élaine Primeau, un courage à toute épreuve
Son combat pour vaincre la rétinite pigmentaire
Quel bel exemple de ténacité ! Élaine Primeau, 38 ans, a toujours débordé d'énergie. Jusqu'à l'âge de 24 ans, elle était en parfaite santé et mordait dans la vie. Tout a basculé lorsqu'on lui a appris qu'elle était atteinte de la rétinite pigmentaire, maladie qui entraîne la perte de vue graduelle et progressive. Mais il en faut beaucoup plus pour que la jeune femme baisse les bras. Sa rage de vivre et sa détermination à toute épreuve devraient lui permettre de vaincre son ennemi juré.
Native de Châteauguay, Élaine Primeau habite LaSalle depuis une quinzaine d'années. Coiffeuse depuis 20 ans, elle est travailleuse autonome au salon Intercoiffure du boulevard Newman. Ses nombreuses clientes n'ont que des éloges à son endroit. «Ça fait 20 ans que je suis dans la coiffure, je travaille pour moi et j'adore ce que je fais.»
Une battante, une gagnante
Rien n'arrête la jeune femme dans son duel à finir. «Cette maladie, j'appelle ça un petit rongeur qui te gruge. Sauf que moi, j'ai dit non, tu ne m'auras pas. J'ai décidé de me battre avec les outils que j'ai. Ce serait trop facile de baisser les bras. La recherche progresse et je crois que d'ici cinq ans, la maladie sera chose du passé. On ne guérira peut-être pas complètement mais j'aurai un plus grand champ de vision. Le but est d'être autonome et vivre le plus normalement possible. Je vois toujours le bon côté des choses. La maladie m'a fait découvrir des forces que je ne croyais pas avoir. Tous les matins, je remercie Dieu et tout ce que je fais, c'est un cadeau.»
«Quand je sors, que je rate une marche et que je me fais mal, il m'arrive d'avoir le goût de pleurer mais ce n'est pas la fin du monde. Je me concentre sur ce que j'ai et non sur ce que j'ai perdu. Je crois que si on décide de combattre une maladie, on a au moins 50 % des chances de la stopper ou de la ralentir. Je me sens de plus en plus forte et je sais que c'est moi qui vais gagner. J'ai peut-être perdu des batailles mais je ne perdrai pas la guerre.»
Soigner la rétinite pigmentaire: Un défi !
La rétinite est une membrane qui tapisse les deux tiers du globe oculaire. La plus grave est la rétinite pigmentaire. La perte de vue est graduelle et progressive. Jusqu'à la cécité. Le premier symptôme est la difficulté de voir avec une lumière faible. Le second est le rétrécissement du champ visuel: la vision sur le côté ainsi qu'en haut et en bas est perdue. On fait souvent référence à la vision à travers un tunnel.
«J'ai d'abord passé des tests de vision. On m'a donné des lunettes mais ça n'a rien changé.Un spécialiste a diagnostiqué la maladie et m'a dit que ça mène à la cécité. À 24 ans, j'étais pleine de fougue et je n'y croyais pas. Chez moi le soir, j'ouvre toutes mes lumières. Si je vais à l'épicerie, il m'arrive de frapper des carrosses ou heurter des gens. Certains comprennent mais d'autres sont blessants. J'aimerais que les gens connaissent la rétinite pigmentaire et soient plus ouverts. Le jugement est parfois tellement méchant.»

Graduellement, la maladie impose des restrictions à la dynamique jeune femme. Depuis cinq ans, elle n'est plus en mesure de conduire un véhicule et elle se prive de sortir en soirée.
Un traitement spécial au Mexique
Mais l'avenir s'annonce prometteur. En faisant de la recherche sur Internet, Élaine Primeau a découvert ce qui pourrait s'avérer une bouée de sauvetage.
«J'avais entendu parler des cellules souches et j'ai pris contact avec une clinique de San Diego, en Californie. Le traitement se fait au Mexique. Ils prennent des cellules souches dans le cordon ombilical de foetus lors d'un avortement. Les cellules souches sont vides et on leur donne des codes. Pour la rétinite pigmentaire, ils vont donner des cellules qui vont aller à la rétine, d'autres aux vaisseaux sanguins autour de l'oeil et d'autres au cerveau. Ils injectent 100 millions de cellules par intraveineuse dans le bras. Elles sont codées et vont se loger aux bons endroits pour remplacer les cellules mortes. Il faut trois mois pour que la cellule soit adulte. Entre trois et neuf mois, elles commencent à faire la job. Le champ visuel devrait s'agrandir et on devrait obtenir une meilleure visibilité nocturne. Les résultats sont bons pour d'autres maladies mais il n'y a pas eu de traitement pour la rétinite pigmentaire. Il y aura amélioration mais on ne sait pas à quel point.»

Élaine Primeau est prête à relever le défi. «J'ai fait les démarches et je suis acceptée. Ils ont mon dossier médical et j'ai eu trois consultations par téléphone. Je me donne jusqu'à l'an prochain pour ramasser des sous car le traitement coûte 25 000 $. Si je suis la première, je serai la première. J'y crois et j'irai probablement en octobre 2008.»

La LaSalloise n'en est pas à ses premiers essais de traitement mais cette fois, elle est persuadée que c'est la bonne. «Je suis allée en Russie pour d'autres traitements. J'ai fait de l'hypnose, de l'acupuncture et autres, mais j'ai arrêté de m'éparpiller pour me concentrer sur le nouveau traitement. Pour moi, c'est la période décisive. Pas question de vivre au crochet de la société. Certains abandonnent et attendent que la lumière se ferme. Moi, c'est le contraire. J'attends que la lumière s'ouvre. Le jeu en vaut la chandelle. J'ai la volonté et du coeur au ventre. J'ai l'espoir et personne ne va me l'enlever. Je vais gagner cette bataille-là.»

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Olivier Gillain

Commentaire mis en ligne le 9 mars 2008
J'habite belgique et je suis également touché par cette maladie ( cela à commencé il ya 20 ans , j'ai 38 ans actuellement) Je fais de mon mieux pour la combattre et je sais que la médecine progresse à pas de géant, dans 5 ou 6 ans, il y aura un traitement, c'est certain.

Je vous souhaie bonne chance pour votre traitement, et si vous pouviez me (nous) tenir informé de l'amélioration de votre vision, je serais très heureux. ( mon adresse mail est goliver@scarlet.be_

Bonne chance

Olivier

Nathalie Thuot

Commentaire mis en ligne le 30 janvier 2008
Étant moi même atteinte de cette maladie et diagnostiquée depuis le printemps 2007, je peux très bien comprendre ta détermination à vouloir gagner cette bataille. Je fais beaucoup de lecture et de recherche en ce moment afin de trouver une lueur d'espoir et je sais qu'elle existe.Le fait de croire en nous et d'avoir en partant une attitude positive nous rend déjà vainqueur. Au plaisir de communiquer avec toi et bon courage.

Nathalie

Prenom Nom

Commentaire mis en ligne le 2 janvier 2008
Je ne voudrais pas jouer les trouble-fête, mais étant donné la grosse somme d'argent qui est en jeux, je me dois de tirer la sonette d'alarme ! J'ai un ami qui souffre de la même maladie et qui m'a mis en garde contre ses marchands de reves! N'est-ce pas bizare qu'une clinique américaine fait ses traitements en Mexique ?!

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