Thomas Mulcair.
Mulcair plaide pour une reconnaissance des compétences
Commission Bouchard-Taylor
L’intégration sociale des immigrants passe inévitablement par leur intégration économique au marché du travail. Pour éviter que des médecins étrangers ne deviennent des chauffeurs de taxi, les compétences professionnelles des nouveaux arrivants doivent être reconnues.
Devant la commission Bouchard-Taylor, le député d’Outremont, Thomas Mulcair, a plaidé en faveur d’une reconnaissance plus rapide des diplômes obtenus à l’étranger de la part des ordres professionnels. La méthode qu’il préconise pour atteindre cet objectif passerait par «une intervention musclée et déterminée du gouvernement».
M. Mulcair dénonce le protectionnisme de certains ordres professionnels. La reconnaissance des diplômes étrangers permettrait d’éviter que de nouveaux arrivants se retrouvent en situation de pauvreté, en plus de contribuer à la richesse du pays. Le gouvernement doit agir et ne pas attendre que les ordres professionnels changent les règles eux-mêmes. Il doit prendre les devants, estime M. Mulcair, qui a été à la tête de l’Office des professions du Québec, une organisation qui scrute les ordres professionnels pour s’assurer qu’ils agissent pour le bien de la population.
Dans certains secteurs, la pénurie de main-d’oeuvre ralentit l’activité économique. Les nouveaux arrivants qui choisissent de s’établir au Québec et qui possèdent les compétences requises pourraient très bien combler ces emplois. Encore faut-il qu’on leur en donne la chance. Et le problème, il est là. Par exemple, un médecin étranger spécialisé a de la difficulté à pouvoir pratiquer ici. Pourtant, le corps d’un homme ou d’une femme, qu’il soit asiatique, haïtien ou caucasien, est identique. Il s’agit du même corps.
Les ordres professionnels du Québec affirment avoir fait beaucoup de progrès en matière de reconnaissance des diplômes obtenus à l’étranger. Louis Beaulieu, président du Conseil interprofessionnel du Québec, défend son organisme. «En 10 ans, 84% des demandes d’équivalence en vue d’obtenir un permis professionnel ont été totalement ou partiellement acceptées. De ce nombre, un tiers des demandes ont mené directement à la délivrance d’un permis et deux tiers ont fait l’objet d’une formation d’appoint, allant de quelques cours à une formation plus approfondie.»
Pour améliorer la situation, les universités et cégeps doivent faire partie de la solution en mettant sur pied des formations d’appoint pour ces professionnels diplômés à l’étranger. S’il faut en croire M. Beaulieu, ce n’est pas la volonté des ordres professionnels qui fait défaut, mais plutôt un manque d’outils pour répondre aux besoins que la situation exige.