Francois Langlois et Yuri Pavlov.
Une ascension très périlleuse réussie !
François Langlois atteint le sommet de l'Elbrouz, le plus haut sommet de l'Europe
boulangerp@transcontinental.ca
Le LaSallois François Langlois, 41 ans, est devenu en 2001, le troisième Québécois à voir le soleil se pointer au sommet du toit du monde, celui de l'Everest (29 000 pieds). Depuis, il s'est rapproché de son objectif ultime de revendiquer la «couronne des sept sommets». En janvier, après avoir guidé une trentaine de grimpeurs à l'assaut du Kilimandjaro au profit de la Fondation Charles-Bruneau, il est devenu le premier Canadien à braver le froid intense pour se hisser au sommet de l'Elbrouz, point culminant de l'Europe avec ses 5 642 mètres.
Situé en Russie, ce mont fait partie de la chaîne du Caucase. La forte pente, les vents violents et le froid perçant rendent son ascension très périlleuse. L'automne dernier, trois alpinistes russes y ont perdu la vie. «Je me suis lié d'amitié avec un grimpeur russe, Yuri Pavlov, qui guide l'été sur l'Elbrouz. En sept ans, il n'avait jamais grimpé ce mont en hiver. Nous avons marché dans la neige pendant plus de 13 heures pour l'aller-retour entre le sommet et notre refuge appelé Barrels. Au sommet, la température était sous les moins 55 degrés Celsius en tenant compte du facteur éolien. J'ai dû pousser fort pour grimper les 300 derniers mètres. Mère Nature nous a tout juste laissés passer. Je me suis gelé le bout du nez.»
Après l'ascension du Kilimandjaro, Langlois a pris le chemin de Moscou. Il s'est rendu au pied du mont Elbrouz, dans le village de Terskol. «La première journée, Yuri et moi avons grimpé jusqu'à 4 700 mètres mais il a fallu rebrousser chemin à cause du froid et de la neige. Dix heures d'efforts pour rien. Le lendemain, on est parti à 3h du matin. On a marché pendant 10 heures pour monter et trois pour redescendre.»
Et le sommet de l'Elbrouz ? «On voyait très loin, y compris le Caucase, mais c'était tellement froid qu'on ne pouvait rester qu'une quinzaine de minutes. On a manqué d'eau pour les cinq dernières heures. Yuri m'a dit que l'Elbrouz en hiver, c'est l'enfer. J'étais à bout mais tellement fier d'avoir réussi. Avec l'Everest, c'est l'un des plus grands défis de ma vie.»
500 000 $ pour les enfants malades
En janvier 2007, Langlois avait guidé 29 grimpeurs à la conquête du Kilimandjaro (19 000 pieds en Tanzanie), au profit de la Fondation Fais-un-voeu pour les enfants malades. «Une semaine après mon retour, la Fondation Charles-Bruneau m'a approché et je n'ai pu refuser. C'était un bon échange de consacrer trois semaines pour changer la vie d'enfants atteints du cancer. C'est une promesse que j'ai faite au sommet de l'Everest. Je suis né prématurément et j'avais une déficience respiratoire. J'ai passé un mois en incubateur et mon poids est descendu à deux livres. Mon rêve m'a été donné à la naissance parce que j'ai pu vivre.»
Entre le 10 et le 21 janvier, il a guidé 33 grimpeurs, dont Pierre Bruneau, vers le sommet du plus haut mont d'Afrique. L'objectif était de 200 000 $ et les aventuriers ont ramassé près de 500 000 $. Au total, 29 des 33 alpinistes ont atteint le sommet. «Il a fallu 14 heures pour l'atteindre. On a eu une tempête à 13 000 pieds. Des vents de 100 km/h ont projeté cinq grandes tentes en bas de la vallée. Au sommet, zéro visibilité mais les grimpeurs étaient tellement fiers d'avoir réussi et je sais que ça va changer leur vie.»
François a vécu des moments qu'il n'oubliera pas de sitôt, avec cinq couples ayant perdu leur enfant ou dont l'enfant est en plein traitement. «Un couple a perdu sa fille il y a trois ans. La mère venait faire la paix avec cette perte sur la montagne. Elle avait des toutous et des photos de sa fille. Près du sommet, elle a dû abandonner. Les autres ont grimpé et je suis resté avec elle. J'ai ensuite pris ses toutous et ses photos et j'ai atteint seul le sommet pour finir sa mission. Un autre père a un enfant qui venait de franchir le cap des 30 jours après une greffe de moelle osseuse. Lorsqu'il a vu l'enseigne du sommet, il a couru et donné une tape dessus pour signifier sa victoire.»
Les risques sont toujours présents. Mal des hauteurs, engelures, hypothermie, oedème pulmonaire, avalanche et crevasses fort partie des aléas de l'aventure. «On commence dans la jungle, on se retrouve dans un désert avec des cactus et on finit par un glacier au sommet. Il y a une partie où on se croirait sur Mars parce que c'est volcanique.»
Défi 2009
Seulement trois Québécois ont conquis les plus hauts sommets de chacun des sept continents, dont Bernard Voyer. Quelque part en 2009, François Langlois entend bien franchir ce cap magique en défiant le mont Kosciuszko, en Australie, et la pyramide Carstenz en Indonésie. Les monts suivants figurent déjà à son tableau de chasse: Asie (Everest 8 845 m), Afrique (Kilimandjaro 5 895 m), Amérique du Nord (Denali 6 194 m) et Amérique du Sud (Aconcagua, 6 962 m) et Europe (Elbrouz 5 642 m)
Résidants de LaSalle depuis 2003, François Langlois et son épouse Karyne Murphy habitent la rue Chatelle avec leurs deux enfants. Il est conseiller en placements pour la firme Berkshire. Vous pouvez consulter le site Internet
www.francoislanglois.com