Jacques Renaud a été honoré par l'Université du Québec à Montréal.
Jacques Renaud, l'organisateur créateur
Avec les plus grands, dont René Lévesque, Gilbert Rozon et le Cirque du Soleil
Pour le LaSallois Jacques Renaud, organiser un événement, c'est d'abord gérer une aventure créative et vivante. C'est aussi accepter le défi d'être placé en état de déséquilibre. Il faut être audacieux et Jacques Renaud l'est ! Dans les années 70, on ne gagnait pas sa vie comme organisateur. Considéré comme l'un des pionniers de cette profession au Québec, il a réalisé plus de 150 mandats dans des domaines aussi variés que les arts et la culture, les affaires sociales et politiques, le tourisme et le développement international.
Depuis plus de 40 ans, Jacques Renaud, qui habite LaSalle depuis 1983, est concepteur, conseiller, organisateur, formateur et auteur. Il a voyagé à travers le monde et côtoyé, parmi les plus grands, l'ex-Premier ministre René Lévesque et le Cirque du Soleil. Il est récipiendaire du Prix Reconnaissance de l'Université du Québec à Montréal, à titre de lauréat Faculté des sciences humaines.
Organisateur dans l'âme
Les talents de Jacques Renaud se sont révélés très tôt. Avant même d'avoir terminé son baccalauréat à titre de travailleur social, il est directeur d'un organisme, agent de groupe pour Jeunesse Canada Monde et agent de développement pour Tourbec, l'ancêtre de Air Transat. «Les stages en travail social se faisaient dans un établissement de santé du Québec. Avec Jeunesse Canada Monde, j'ai fait le mien en Afrique tout en étant rémunéré. J'étais déjà hors norme.»
@ST:Auprès de René Lévesque et Gilbert Rozon
Au début des années 80, Jacques Renaud organise des événements pour le Cabinet du Premier ministre René Lévesque, dont la soirée référendaire du 20 mai 1980 au Centre Paul-Sauvé. Il touche la politique par l'entremise de Lise Payette qui fait appel à ses services pour organiser une campagne de financement. «J'ai organisé le congrès du «renérendum» avec 3000 personnes et j'ai été le directeur de campagne de Pauline Marois quand elle s'est présentée la première fois à la chefferie du PQ.»
Il a ensuite l'occasion de travailler avec Gilbert Rozon. «C'était la Grande Virée, avant Juste pour rire. Gilbert a pris l'ancienne piste Blue Bonnets à Pointe-aux-Trembles. On a transformé ce site abandonné en un lieu de spectacle. En 1982, on a fait venir Tina Turner. Elle coûtait 13 000 $ et on a eu 200 personnes parce qu'il pleuvait et qu'il faisait froid.»
Avec le Cirque du soleil au Japon et à Singapour
En 1984, Jacques Renaud est directeur des célébrations du 450e anniversaire de la découverte de la Nouvelle-France (Québec-Canada). «J'ai organisé le spectacle de clôture de Diane Dufresne au Stade olympique.»
Il découvre l'audacieux projet de Guy Laliberté: un Cirque original et sans animaux. Rencontre marquante puisque Jacques réalisera plusieurs mandats pour le Cirque du Soleil, comme directeur de tournée du spectacle <@Ri:>Alegria<@$p:>, au Japon et à Hong Kong et directeur du développement en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient. «Guy n'était pas connu. Il avait 23 ans, les cheveux très longs. Il était spécial mais je le trouvais passionné. Le prix du spectacle était d'un dollar et nous avons eu un succès instantané. On a doublé le prix à 2 $.»
Plus tard, Guy Laliberté offre à Jacques Renaud le poste de directeur de son nouveau spectacle. «Mais la chicane était pognée entre les actionnaires. Quand Guy est arrivé avec une Mercedes usagée de 25 000 $, tous ont crié. On a géré les crises et j'ai fermé mon bureau pour me consacrer au cirque qui était mon client principal.»
En 1991-1992, Jacques Renaud est vice-président opérations des Fêtes du 350e anniversaire de la Ville de Montréal. «Ensuite je suis parti deux ans aux Indes. À mon retour, je suis revenu au Cirque comme producteur délégué au Japon et à Hong Kong. Je me suis retrouvé directeur de la tournée Asie-Pacifique et j'ai passé cinq ans à Singapour. En 2001, on m'a demandé d'explorer les marchés du Moyen-Orient mais les événements de septembre 2001 ont tout changé.»
@ST:Il frôle la mort
À Singapour en 1998, il frôle la mort de près, victime d'un accident de motocyclette. «Mon corps a été démoli. Respirer était devenu un enfer. J'ai dû réapprendre à vivre. On m'a roulé jour après jour vers la piscine thérapeutique. J'étais en état de choc car la seule pression de l'eau sur mon ventre me faisait souffrir. Il m'a fallu quatre mois pour nager une première largeur de piscine. Depuis, quand je rencontre des obstacles, je me dis: Jacques, c'est quoi ton problème ? La vie est belle car tu fais tes longueurs sans efforts.»
Attachement pour LaSalle
Depuis 25 ans, Jacques Renaud a sa résidence sur le boulevard LaSalle, lui qui a été directeur des célébrations du 75e anniversaire de la Ville en 1987. «LaSalle est mon port d'attache. Quand j'y suis venu pour la première fois, il n'y avait qu'une maison à vendre et elle était en ruine. Je l'ai refaite au complet. Elle a été construite en 1873. Voir le fleuve tous les matins fait partie de mon énergie.»
Jacques Renaud transmet son expertise à la relève. Il est chargé de cours à l'Université du Québec à Montréal ou il crée, en 2002, la spécialisation «gestion de projets événementiels». Il est l'auteur d'un ouvrage intitulé <@Ri:>Le management d'événements. <@$p:> «Je suis à l'écriture de mon second livre, The World of Events.» Le LaSallois a mis sur pied l'Institut de l'événement (IDE), centre de formation professionnelle en management événementiel qui touche: programmation, marketing, financement, production et direction. «Sans prétention, l'idée est de devenir un jour une référence mondiale en cette matière.»