De gauche à droite: l'agente Micheline Chamandy, le sergent Alain Rioux, les rescapés Léo-Paul Aubert et Jonathan Forget, l'agent Daniel Tétreault et l'agent Jean-Sébastien Masson.
Sauvetage spectaculaire
Vers 19h le dimanche 24 août, deux jeunes hommes dans la vingtaine, Léo-Paul Aubert et Jonathan Forget, sillonnent les eaux du fleuve en motomarine. Soudain, leur embarcation se renverse à la hauteur de la 60e Avenue. Ils se retrouvent dans les eaux tumultueuses et le fort courant les transporte à grande vitesse vers les redoutables rapides de Lachine. Dieu merci ! Quatre policiers sont à l'affût. Au péril de sa propre vie, l'agent Daniel Tétreault s'empare d'une bouée et n'hésite pas à se jeter à l'eau pour voler au secours des naufragés en détresse.
Opération sauvetage in extremis. Un travail d'équipe exemplaire. Le courageux policier peut compter sur le soutien du sergent Alain Rioux qui lui prête main-forte en se glissant à l'eau pour lui remettre une deuxième bouée, et des agents Micheline Chamandy et Jean-Sébastien Masson qui parviennent à tirer hors de l'eau les deux hommes en difficulté et l'agent Tétreault.
C'est un sauvetage héroïque car il ne fait aucun doute que cette intervention a permis aux deux plaisanciers d'éviter la noyade. Les policiers ont pu compter sur l'implication du citoyen Steve Casavant qui a pris part à l'opération, ainsi que sur le soutien d'une résidante du boulevard LaSalle, Louise Courcy, qui a apporté aux rescapés et aux secouristes trempés des serviettes de bain et des bouteilles d'eau.
La bravoure des policiers
En début de soirée du dimanche 24 août, les agents Daniel Tétreault et Jean-Sébastien Masson patrouillent sur le boulevard LaSalle lorsque ce dernier aperçoit, à la hauteur de la 60e Avenue, une motomarine qui dérive. Deux personnes sont à l'eau mais les agents ignorent s'ils sont en détresse. Un jeune est dans l'eau alors que l'autre tente désespérément de remettre en marche le moteur de l'embarcation. Connaissant la rapidité et la force du courant, les deux agents continuent de les suivre attentivement. Puis, l'un des jeunes crie aux agents qu'il ne sait pas nager. Arrivés à la hauteur du poste 13, un appel d'urgence est lancé sur les ondes radio.
Le policier Daniel Tétreault raconte: «J'ai arrêté l'auto à la hauteur de la 43e Avenue et j'ai commencé à enlever mes choses. J'ai pris la bouée que nous avons dans notre véhicule. À cet endroit, les victimes commençaient à paniquer et nous ont crié d'aller les chercher. En moins d'une minute, ils sont descendus rapidement et on savait que dans le kilomètre suivant, il y avait les rapides.»
Daniel Tétreault fait le choix de plonger pour aller chercher les naufragés. «Nous avons tenté des manoeuvres avec des bouées mais nous étions trop loin. On s'est déplacés en courant vers la 40e Avenue et c'est là que j'ai décidé de sauter à l'eau. Les victimes étaient accrochées à leur embarcation. Ils ont pu prendre la bouée et j'ai pu les ramener vers la rive. En aucun temps, je n'ai eu l'impression d'être en détresse. J'ai fait le choix d'aller à l'eau car je savais que mes collègues étaient prêts à intervenir. C'est un grand travail d'équipe. Nous avons des points stratégiques à LaSalle. C'est notre plan d'eau mais il faut avoir un oeil dessus.»
L'agent Tétreault n'a nullement peur de l'eau. «Je connais le plan d'eau et mes capacités et je savais que je pouvais rejoindre les victimes et les ramener sur une distance de 40 ou 50 pieds. Sinon, je n'aurais pas enclenché car je savais que le Service des incendies était en route. Je croyais qu'il fallait que j'y aille à ce moment-là.» Et les victimes ? «Je les ai laissés se reposer un peu et je leur ai demandé de m'aider car j'en avais deux sur la bouée et les jambes fatiguées. Ils ont ont battu des pieds pour m'aider. On peut faire de la motomarine dans divers lacs mais dans le fleuve, c'est autre chose. Il faut connaître le fleuve, surtout avec les courants. C'est tout un autre monde à naviguer.»
Un travail d'équipe
Le sergent Alain Rioux a prêté main-forte à l'agent Tétreault et aux naufragés en se glissant à l'eau pour leur remettre une deuxième bouée afin de faciliter leur ascension jusqu'à la rive. «Ma priorité était de venir en aide aux victimes et à Daniel qui semblait avoir le contrôle de la situation. Je suis descendu dans l'eau jusqu'aux épaules et j'ai lancé une bouée. Le courant était vraiment fort.»
Les agents Micheline Chamandy et Jean-Sébastien Masson ont joint leurs forces au sergent Rioux et sont parvenus à tirer hors de l'eau les deux hommes en difficulté et l'agent Tétreault.
Heureux et reconnaissants d'être vivants
Les deux victimes, Léo-Paul Audet de Ville-Émard et Jonathan Forget de LaSalle, étaient partis du club nautique qui sert de point de départ aux descentes de rafting. Heureux d'avoir évité le pire, ils sont très reconnaissants envers les policiers.
«Nous admirons ces policiers qui nous ont sauvé la vie. On a perdu l'équilibre en voulant changer de chauffeur et la motomarine a viré à l'envers. On l'a remise à l'endroit mais elle s'est retournée encore. L'eau était à l'intérieur et il n'y avait plus rien à faire. L'eau n'était pas trop froide mais le courant était vraiment fort. Quand on est dedans, on se rend moins compte de sa force mais quand tu vois les policiers courir, tu te rends compte que tu vas vite. On a paniqué un peu quand on a réalisé qu'on se dirigeait vers les rapides. Nous étions sur l'adrénaline.»